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La poésie en quelques traits. Poetry in a few features.

La poésie en quelques couleurs. Poetry in a few colors.

La poésie en quelques cartes. Poetry in a few cards.

La poésie torturée et autres collages. Tortured poetry and other collages.

La poésie en quelques mots. Poetry in a few words.

Quelques extraits du roman La Cinquième Saison de Vedrana DONIC’ :

—->Le corps de Juliette était devenu la ville de Roméo. Il promenait son regard sur le paysage, balayait des yeux le lac de sa chevelure, se baladait sur la grande avenue de sa nuque, prenait le temps de déjeuner sur la terrasse de son torse, s’abritait à l’ombre dans son nombril pour y faire une petite sieste, passait la porte du plaisir et en goûtait le fruit velouté, puis il admirait la fontaine. Il prenait ensuite un virage à gauche, sillonnait de sa main la courbure de son bassin, visitait lentement, descendait et arrivait à une impasse, infranchissable avec une muraille autour. Alors il la survolait, et remontait pour poster une lettre de mots doux à l’angle de son oreille, parcourait le tour de son visage en sautillant au-dessus de ses grains de beauté, se désaltérait à la source de ses lèvres, pendant que ses doigts lisses coulaient le long du boulevard de ses hanches. Il rebroussait chemin, gravissait la colline de ses omoplates, prenait un grand tournant, grimpait la montagne de ses seins
avec sa bouche, arrivait au pic de son téton, le contournait avec sa langue, y reposait sa tête quelques instants, s’y installait enfin de compte, et y dressait son temple.

—->Elle habitait une rue piétonne, calme la nuit, active durant la journée. Dans une rue perpendiculaire, il y’avait un marchand de confiseries et de glaces qu’elle avait de suite repéré. C’était une ville qui apprivoiserait Juliette, et non une de ces villes que l’on apprivoise. Juliette aimait cette ville, son insolence, son impatience, son impudence, l’anonymat qu’elle offrait, et le temps pluvieux qu’il y faisait.

—->Si elle inspirait, il expirait. Si elle se cognait le genou, il avait un bleu. Si elle mangeait un piment, il avait la gorge en feu. Si elle avait froid, il avait un frisson. Si elle était enrhumée, il éternuait. Si elle se penchait à la fenêtre, il avait le vertige. Elle était amoureuse et il avait le cœur qui battait.

—->C’était comme un jardin naturel foisonnant de fleurs et plantes tropicales qu’on aurait laissé pousser en liberté sous le soleil poudroyant de l’Équateur, une petite jungle particulière à son logement qui prospérait dans cette déferlante bordélique. Lorsque Juliette rangeait, vêtue seulement d’un vieux maillot et d’une petite culotte, le désordre revenait toujours comme une marée amenant et abandonnant au bord de la plage de nouveaux coquillages et de nouvelles épaves qu’elle croyait disparues depuis longtemps. Le parquet tapissé d’objets, attrapait les objets de ses doigts bruns, les ramenait contre son torse, les engloutissait en sa bouche, et d’un geste brusque les repoussait et les abandonnait au large. Les tentures indiennes couvrant les murs assourdissaient le bruit des vagues.

—->C’était un cirque à lui tout seul : Il se prenait pour un prestigieux magicien, alors que c’était un clown. De même, il se prenait pour le roitelet du bar, alors que c’était un simple bouffon, voire la plus grosse pouffiasse du périmètre. Il lécha son petit doigt avec sa langue pour l’humidifier, et le passa ainsi sur sa moustache courte, comme pour la coiffer. Il s’approcha tellement de Juliette qu’elle se demanda s’il allait s’asseoir sur ses genoux. C’était une chose de plus dont Juliette n’avait pas besoin. Il l’alluma, elle le fuma et le grilla. Il commença à parler, et étrangement, n’entama pas la conversation en parlant de problèmes de calvitie ou de prostate :

« – Ca va Poupée ? dit-il le menton levé, en bombant le torse.
– Bien, merci…, répondit Juliette.
– T’es trop sexy quand tu manges des cacahuètes !
– …»

—->« Parfois, j’ai la tête lourde.
Parfois, les gens se plantent devant moi et me fixent avec insistance.
Parfois, des inconnus se posent des questions sur moi.
Parfois, on ne comprend pas ce que je veux dire.
Parfois, la lumière change, les couleurs de mon visage semblent disparates, et on me regarde différemment.
Parfois, on considère que je joue sur plusieurs tableaux.
Parfois, on essaie de me faire sortir du cadre.
Parfois, on me brosse des tableaux de la vie dans lesquels je ne me reconnais pas.
Parfois, dans les bars, les hommes me parlent fièrement de leurs tableaux de chasse.
Parfois, on me dit que je suis un tableau vivant.»

—->Juliette s’imaginait aisément qu’elle s’effondrait au moindre obstacle, qu’elle se laissait aller au fond de sa cuisine remplie de boîtes de conserve à réchauffer. Des raviolis, des choucroutes, et des cassoulets qui rendaient ses cheveux rêches.
Sa vie était devenue comme ces boîtes de conserves : Fade, sans saveur, qui donnait envie de vomir et filait la diarrhée.


Some excerpts from the novel The Fifth Season of Vedrana DONIC’ :

–> Juliet’s body had become Romeo’s city. He looked over the landscape, swept his eyes over the lake of his hair, strolled along the main avenue of her neck, took the time to have lunch on the terrace of her chest, sheltered in the shade in her navel to make a little nap there, walked through the pleasure door and tasted the velvety fruit, then he admired the fountain. He then took a left turn, crossed the curvature of her pelvis with his hand, visited slowly, descended and came to a dead end, impassable with a wall around it. So he flied over her, and climbed up to post a letter of sweet words at the corner of her ear, roamed around her face, hopping over her moles, quenched his thirst at the source of her lips, while his smooth fingers ran along the boulevard of her hips. He turned back, climbed the hill of her shoulder blades, took a big turn, climbed the mountain of her breasts with his mouth, came to the peak of her nipple, went around it with his tongue, rested his head there for a few moments, finally settled down there, and erected his temple there.

—-> She lived in a pedestrian street, quiet at night, active during the day. In a side street, there was a candy and ice cream vendor that she spotted immediately. It was a city that would tame Juliet, not one of those towns that you tame. Juliette loved this city, its insolence, its impatience, its impudence, the anonymity it offered, and the rainy weather there.

—-> If she breathed in, he breathed out. If she hit her knee, it had a bruise. If she ate a chili, his throat was on fire. If she was cold he had a chill. If she had a cold, he was sneezing. If she leaned out of the window, he was dizzy. She was in love and his heart was pounding.

—-> It was like a natural garden teeming with tropical flowers and plants that had been allowed to grow in freedom under the blazing Ecuadorian sun, a small jungle peculiar to its home that thrived in this messy tidal wave. When Juliette was tidying up, dressed only in an old swimsuit and panties, the mess always returned like a tide bringing and abandoning on the shore of the beach new shells and new wrecks that she believed long gone. The object-lined parquet, grabbed the objects with his brown fingers, brought them back to his chest, engulfed them in his mouth, and with a sudden gesture pushed them back and abandoned them off. The Indian hangings covering the walls muffled the sound of the waves.

—-> It was a circus all by itself : He thought he was a prestigious magician, even though he was a clown. Likewise, he thought he was the wren of the bar, even though she was a simple buffoon, even the biggest bitch of the perimeter. He licked his pinky finger with his tongue to moisten it, and ran it over his short mustache, as if to comb it. He got so close to Juliet that she wondered if he was going to sit on her lap. It was one more thing Juliette didn’t need. He lit her, she smoked him and roasted him. He started talking, and strangely, didn’t start the conversation by talking about baldness or prostate issues :
« – You’re ok, Doll ? he said with his chin raised, bulging his chest.
– Good, thanks…, answered Juliette.
– You’re so sexy when you eat peanuts !
-… ”


—-> « Sometimes my head is heavy.
Sometimes people stand in front of me and stare at me insistently.
Sometimes strangers ask questions about me.
Sometimes we don’t understand what I mean.
Sometimes the light changes, the colors of my face seem disparate, and people look at me differently.
Sometimes, people consider that I play on several tables.
Sometimes people try to get me out of the box.
Sometimes people paint me pictures of life in which I do not recognize myself.
Sometimes, in bars, men proudly tell me about their hunting scenes and amorous conquest.
Sometimes, I am told that I am a living painting.”


—-> Juliette easily imagined that she would collapse at the slightest obstacle, that she let herself go to the back of her kitchen filled with cans to heat up. Ravioli, sauerkraut, and cassoulets that made her hair coarse. Her life had become like those cans : Bland, tasteless, that made you want to vomit and spun diarrhea.

BONUS : La poésie des super-héros. The poetry of superheroes.